La vie au jour le jour

Quelle vie, celle que menaient les gens des environs du 16ème Siècle. De la naissance à la mort en passant par toutes les étapes, elle était éprouvante! Sans cesse dans la société, nous trouvons cette « qualité » Riches ou Pauvres. Derrière le voile pudique des siècles, penchons-nous sur la trame du quotidien que nous révèlent les baptêmes, les mariages et les décès.

Le mariage :
A l’époque, il n’y avait pas de mariage sans dot.
C’est ainsi que le 4 Janvier 1519, un traité de mariage entre Pierre Paquelot de Boulay et Jeanne Pain est signé. Jeanne recevra en dot la somme de 17 Francs! – à savoir 4 Francs dans 4 ans et le reste de 4 ans en 4 ans jusqu’à épuisement des 17 Francs, plus :
– 2 robes : une de « gris » (sorte de drap de laine ou de fourrure grise), l’autre de « tiretaine » (sorte de tissu grossier de coton et de laine)
– 4 chemises
– 1 lit de plumes garni de « cussin » et de coultre de laine (couverture)
– 4 linceuls (draps)
– 2 chaperons (chapeaux)
– 2 aulnes de Nantil (étoffe de lin)
– 1 arche fermant à clef (coffre)
Une autre sorte de traité de mariage, sans dot immédiate, fut signée entre Claude Chapuis – fille de feu Pierre Chapuis des Chivanys et de Claude Bidault. Messires Blé Daul, prêtre, Philibert Martin et Claude Bouchoux promettent aux futurs époux des biens sur la succession.

Le baptême :
Les archives nous donnent les actes de baptême de deux enfants d’une même famille (Claude Aimé Lordon et Pierre Lordon) dont leurs parrains et marraines étaient des personnalités du moment: Jean Claude Lesne, notaire royal à Gigny et Aimée Catherine de Tenarre pour l’un; Pierre Lambert, marchand à Chalon et Françoise De Chatenay, femme du Comte du Roussillon. Le baptême du pauvre passe plus inaperçu.

La mort :
Une infinité de notables et de gens aisés se font inhumer dans l’église ou sous le porche de cette église. Les prêtres seuls pouvaient être enterrés dans le chœur. Au 18ème Siècle, on donnait ordinairement 3 livres (francs) pour une grande personne et 3 sols (20 sols correspondent environ à 1 franc) pour un enfant à la Fabrique. La Fabrique, c’était l’organisation temporelle d’une église par un « fabricien » nommé par les gens du pays. Hélas, on prenait trop souvent les gens les plus aisés car on les croyait plus savants. Le fabricien, avec l’aide du curé donnait les tarifs et l’emplacement. Il était souvent nommé pour longtemps.
De nos jours, les « Morts au champ d’honneur » ont droit pour perpétuer leur souvenir, à avoir leur nom inscrit sur un monument ou sur plaque. Mais que reste-t-il des anciens de cette époque? On retrouve par exemple sur le registre des décès, la mort de Benoît Loussereau, mort au service de sa Majesté, ainsi que le prouve le Certificat de Monseigneur le Comte de St Vincent, son capitaine de régiment en Bourgogne en 1677. On le retrouve sur le registre mais pas de monument, ni de plaque : c’était un pauvre !
Et puis, il y a l’immense majorité des humbles, des pauvres, des mendiants. Le taux des enfants illégitimes et abandonnés bat les records en 1630 et 1750. Relevons aussi le sort tragique de ceux qui naissent au bord de la route et qui meurent, leurs parents reprenant ensuite leur chemin.
On sait aussi comment, en ces temps difficiles, un certain Vincent de Paul secoua les grands de ce monde et leur ouvrit les yeux sur les atroces misères. Baudrières suit la courbe ordinaire.
Maïs on s’aperçoit que la place d’un enfant dans un ménage était loin d’être celle d’aujourd’hui. Un enfant mourait, c’était la fatalité, en renaissait un autre l’année suivante et ainsi de suite…
Cette fin du 17ème Siècle fut particulièrement pénible.
Elle connut la peste, la variole. La plus forte épidémie fut enregistrée en 1694, elle fit 72 disparus.
Telle était la vie en ces 16ème et 17ème siècles. Disons que pour la plupart d’entre eux, elle n’annonçait guère le siècle qui allait suivre, celui qu’on allait appeler le Siècle des Lumières.

Extrait de  »La Gazette de Baudrières » n° 6, Décembre 1985