L’origine des noms

D’après l’archéologue Léonce Bidault de Grésigny, Baudrières se trouve sur l’emplacement d’une station datant de la pierre polie en bordure de le Saône (dans le lit de la rivière à Thorey on a trouvé des armes et des outils datant de cette époque).
Les premières traces écrites notifiant le nom de Baudrières datent de l’époque gallo-romaine.
Le premier titre retrouvé est en fait « Balderiae ». Les historiens donnent une explication étymologique du mot : ce nom viendrait du latin et serait dérivé du mot baltearius qui signifie artisant en baudriers. (Les baudriers sont des bandes de cuirs portées en bandoulière et servant à soutenir une arme). Plusieurs artisans travaillaient dans ce village, ce qui expliquerait que Baudrières ait toujours été nom pluriel – Baudrières s’est aussi appelé Beaudrières.
A la fin de l’ancien régime, Baudrières présentait à peu près la même configuration qu’aujourd’hui :
Le Bourg déjà à sa même place, possède une église dès le XI èmè siecle. On note dans les archives l’existence d’un prieuré au XV ème siècle. Au XVI ème siècle, la voie reliant Baudrières à St Vincent en Bresse suivait sensiblement le même tracé cependant la route du Champs St Pierre partait de l’ancien Café Maréchal, rejoignait les Chevrières en desservant le hameau de Bougeottes (cimetière actuellement) avant de se diriger vers Roussenne.
Les Chivannys est le hameau le plus ancien : des fouilles ont prouvé le passage des romains. En 1016, on trouve le nom « Canevilla », mot dérivé du latin Canabis ‘chanvre) et la villa (maison) .
Y cultivait-on du chanvre ? sans doute !
Roussenne dont les orthographes ont changé au cours des temps : Ronsene, Rossenne. Au XV èmè siècle, un champ situé à l’intersection des voies menant aux chivannys et au Petit Limon, portait la dénomination « Champ de la Chapelle » en latin Capella Razoni. Ce nom de lieu semblait provenir d’un anthroponyme germanique du type Rad (conseil) et qui par évolution serait devenu Ratzomen, puis Rossionem, puis Roussonnem ! !
Saugy et Boulay doivent leur nom aux arbres qui les envahissent. Saugy (Saugey ou Sagey à la fin du XIV ème siècle) était planté de saules et Boulay de bouleaux …
On notera dans les archives le lieu-dit « Les Chênes drus », situé actuellement entre Saugy et Tenarre, et qui devait être un lieu de rassemblement des druides à l’époque celtique.
Donant du véritable nom « dounant » doit son nom à sa sitation géographique, c’est à dire entre deux rivières : La Marlière et le Bief de l’Etang (dua signifie en latin deux)
Le Champ St Pierre fut vraisemblablement une terre donnée à l’Eglise St Pierre de Baudrières au XI ème siècle pour assurer un revenu aux desservants de cette église.
Tenarre enfin, dit thenerre au XII ème siècle, n’a pas été toujours un hameau de Baurdrières : le recensement des terres de Tenarre était mentionné en Mairie d’Ormes en 1781. Nous reparlerons plus particulièrement de ce hameau riche en histoire et en particulier de la Maison-fort de Tenarre dont le nom est mentionné pour la première fois en 1272.
Le seul hameau dont nous pouvons déplorer la disparition est celui de Quicampoix le long d’un chemin menant de Boulay à Bonlieu, vers tenarre. Ce hameau est souvent nommé entre le début du XIV ème siècle et la fin du XVII ème siècle . La dernière fois que l’on trouve ce nom de Quicampoix est la fin du XVIII ème siècle sur le terrier de Tenarre. L’origine de ce nom était une formule de défi latine « Quisquam et Potius », « quelqu’un veut-il mesurer son pouvoir ? ». Personne n’a sans doute osé ! ! …
Nous remercions vivement Madame Bonin-Michelot pour son étroite collaboration.
Extrait de  »La Gazette de Baudrières » n° 1, Juin 1983
Article de Michèle Susteck avec la participation de Mme Bonin-Michelot

Cependant ! ! !
Après entretiens et correspondances avec Mme Bonin-Michelot, Mrs Jean Claude Mallard et Gérard Taverdet (professeur de la faculté des lettres et philosophie de l’université de bourgogne), Mr Marcel Plissonnier, alors maire de Baudrières, apportait en 1994 une autre explication qu’il a publiée dans la « Gazette de Baudrières » n° 23.

Ci-dessous un extrait de la publication de Mr Jean Claude Mallard :
« L’éphémère marquisat de Vergennes & son Atlas terrier » .
Albert Dauzat (cité par Gérard Taverdet), y voit une racine issue de du pré-latin « baudr », la boue.
Selon Gérard Taverdet, ce nom est certainement dérivée de la racine germanique « brod », qui a désigné la boue ; à comparer à « boudère » (boue, bourbier) en patois du Morvan.
Ernest Negre dans la « Toponymie Générale de la France », explique Baudrières par le nom d’homme germanique « Baltherus ». On pourrait tout aussi bien faire de même avec le nom francais d’origine germanique « Baudry » ?
Au village de Mouthier (Canton de Pierre de Bresse) un lieu-dit porte le même nom « les Beaudrières », il s’agit aussi d’une forme à comparer à « boudère », la boue en morvandiau.
Certains ont prétendu que ce nom de commune tirait son origine du mot « baudrier » qui est celui d’une bande d’étoffe ou de cuir, pendant en écharpe, servant à l’origine à soutenir une arme blanche.
A baudrières il y aurait eu des fabricants de baudriers ?
Effectivement, dans les noms d’homme francais on trouve des « Baudriers » et des « Baudrillard » issus des corroyeurs (une des branches de la tannerie).
Aucun spécialiste régional de dialectologie et d’onomastique, confirme ou envisage une telle origine.
A l’appui des remarques, explications et hypothèses de Gérard Taverdet qui font appel aux termes « boue ou boueux », il est possible de formuler quelques remarques et déductions, en liaison avec la géologie et la morphologie du fossé bressan.
1) Baudrières se situe évidemment en Bresse, région dont le vocable est issu de « brixia », nom vraisemblablement d’origine gauloise et de la même famille que « bracu » qui a donné « bixia, bray et bresse ». Cette dernière forme désignant au 11 ième siècle le marécage.
2) Selon Claude Courtépée et Edmé Beguillet (Description du Duché de Bourgogne 1775-1788), la Bresse : « Bressia ou Brexia », a pris après l’occupation romainele nom de « Brixius-Saltus » signifiant « marais et forêts ».
Il y a obligatoirement un lien, entre la boue ou les bourbiers et les marécages et marais qui occupaient les « Besses » ou les « Bourbouillons » (dérivé du gaulois « bourbe » ou « borbe » en patois) ainsi que les fonds de vallons mal drainés où affleurent des sédiments limino-argileux, sensibles à l’eau et à la trituration.
Baudrières ne peut donc que revendiquer sa profonde et boueuse origine.
Au 12ième Siècles Baudrières c’était Baldérioe, Baldreoe , qui ensuite est devenu Baldéria.
Le nom ultime a subi bien des altérations orthographiques :
Beaudrière, puis Beaudrières vers 1635, à nouveau Beaudrière en 1760, puis Beaudrières en 1836 et enfin Baudrières en 1844.

Extrait de « L’éphémère marquisat de Vergennes & son Atlas terrier » .